| Dodo
Que deviendra ce nouveau-né
si émouvant,
Un avocat, un financier,
un président ?
Et pourquoi pas un officier
car cet enfant
A le caractère très
volontaire
De son grand-père
le militaire !
L'horrible bébé
qui désespère sa maman,
Malgré la têtée
il vocifère puissamment,
Oh par pitié s'il
pouvait se taire un instant !
Le sale marmot gueule comme
un veau,
Il est pas beau, c'est un
fléau !
Biberon consolateur,
Plus de mauvaise humeur,
Plus de sanglots.
Dodo réparateur
Dans son berceau.
Que rien ne manque au fils
chéri à son papa,
Beau compte en banque et
Ferrari Testarossa,
Les bonnes planques bien
à l'abri de tout tracas,
Dans son duplex un peu de
sexe,
(Avec latex ? On est perplexe...)
Pas évident de mériter
toute cette chance,
Et puis comment assurer
sur la distance ?
Y'a des moments faut repousser
l'évidence
D'être un débile
très inutile,
Qu'on voit en ville, pauvre
imbécile !
Alcool libérateur
Oublions toute pudeur,
On n'a plus peur.
Dodo, vapeurs qui font rire
Et bien dormir.
Le monde c'est un film dont
on rate le début,
Et même la fin personne
ne l'a jamais vue.
Extases synthétiques,
faut qu'on s'explique.
Quelles aventures nous restent
offertes aujourd'hui ?
Est-ce avec ça qu'on
peut se remplir la vie ?
Que tombe la foudre on fait
parler la poudre.
Alcool jusqu'après
la nuit
On se croit un génie
quand on s'étourdit
Dodo bien au chaud jusqu'à
midi.
Pour s'abrutir il y a des
tas de solutions,
Qui ne sont pas pires que
le foot ou la télévision,
Pour garantir un bon coma
sous perfusion.
Mais on se distingue dans
la déglingue
A coups de seringue, histoire
de dingues !
Le narcotique qui nous rend
beau quand il est là,
C'est un sadique, un sale
bourreau quand il s'en va.
Et pique et pique encéphalogramme
plat !
Plus de tuyaux dans le nez,
C'est terminé, on
peut débrancher.
Dodo, totalement vaseux.
Sombrer dans le coton, c'est
tellement bon !
Dodo ténébreux
dans son cocon.
Dodo très excessif,
La maman larme à
l'oeil, papa en deuil.
Dodo définitif
Dans ton cercueil |