| Je
connais des bateaux
Je connais des bateaux qui
restent dans le port
De peur que les courants
les entraînent trop fort,
Je connais des bateaux qui
rouillent dans le port
A ne jamais risquer une
voile au dehors.
Je connais des bateaux qui
oublient de partir
Ils ont peur de la mer à
force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne
les ont séparés,
Leur voyage est fini avant
de commencer.
Je connais des bateaux tellement
enchaînés
Qu'ils en ont désappris
comment se regarder,
Je connais des bateaux qui
restent à clapoter
Pour être vraiment
surs de ne pas se quitter.
Je connais des bateaux qui
s'en vont deux par deux
Affronter le gros temps
quand l'orage est sur eux,
Je connais des bateaux qui
s'égratignent un peu
Sur les routes océanes
où les mènent leurs jeux.
Je connais des bateaux qui
n'ont jamais fini
De s'épouser encore
chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas,
parfois, de s'éloigner
L'un de l'autre un moment
pour mieux se retrouver.
Je connais des bateaux qui
reviennent au port
Labourés de partout
mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement
pareils
Quand ils ont partagé
des années de soleil.
Je connais des bateaux qui
reviennent d'amour
Quand ils ont navigué
jusqu'à leur dernier jour,
Sans jamais replier leurs
ailes de géants
Parce qu'ils ont le cœur
à taille d'océan.
Ai-je vraiment le mal
de toi ?
Ai-je vraiment le mal de
toi
Ou d'habitude, d'habitude
Au point que je ne passe
pas
Plus de trois jours de solitude
Sans attraper le mal de
toi
Qui me dira si c'est l'amour
Avec son lot de représailles
Ecartelée depuis
toujours
Au lit de mon champ de batailles
Me diras-tu si c'est l'amour
Qui vient cogner dans ma
poitrine
Avec ses ailes de vautour
Sur ma tendresse d'opaline
Tu te dépêches
d'être là
Mais j'ai le cœur en marmelade
Quand ton regard ne parle
pas
Et qu'un semblant de barricades
Vient se dresser devant
mes bras
Qui me dira si c'est l'amour
Relent sauvage à
mon haleine
Quand il a mordu mes velours
Avec ses dents de porcelaine
Me diras-tu si c'est l'amour
Qui me rend douce à
ton étreinte
Et m'ensorcelle à
petit jour
A petit feu dans une plainte
Laisse mon cœur il se taira
Tu ne saurais pas le comprendre
Laisse, les mots ne parlent
pas
J'ai trop de silences à
défendre
Pour me mentir une autre
fois
Qui me dira si c'est l'amour
Avec son torrent de promesses
Et cette étoile à
contre-jour
Dans les trop-pleins de
ma tristesse
Me diras-tu si c'est l'amour
Qui prend les armes dans
ma tête
Et vient les rendre sans
discours
Dès que tu m'offres
un coin de fête |
Tout
au long de ton corps
Tout au long de ton corps
J'ai cherché l'aventure
Tout au long de ton corps
J'ai brisé tes armures
En dessinant du bout des
lèvres des arabesques de velours
Tout doucement comme un
orfèvre pour te donner l'envie d'amour...
Et j'ai trouvé tant
de chaleur où tes forêts frissonnent
Et j'ai trouvé tant
de douceur à ton écorce d'homme
Tout au long de ton corps
J'ai reconnu ma terre
Tout au long de ton corps
J'ai forcé ton mystère
En dénouant toutes
les mailles, sur les chemins de ton désir
Avant que nous viennent
en semailles les étincelles du plaisir !
Et j'ai trouvé tant
de chaleur où tes forêts frissonnent
Et j'ai trouvé tant
de douceur à ton écorce d'homme
Tout au long de ton corps
J'ai tissé la tendresse
Tout au long de ton corps
J'ai semé des caresses
En découvrant les
sortilèges de tes savanes ensommeillées
Jouant de toi comme en arpèges
une musique ensorcelée
Et j'ai trouvé tant
de chaleur où tes forêts frissonnent
Et j'ai trouvé tant
de douceur à ton écorce d'homme
Et j'ai trouvé tant
de chaleur où tes forêts frissonnent
Et j'ai trouvé tant
de douceur à ton écorce d'homme
Pour Antoine
Te voilà entre nous,
on ne t'attendait plus vraiment,
Te voilà tout à
coup, tu es notre premier enfant,
Tu n'es pas venu par le
chemin prévu,
Mais si tu savais combien
tu nous manquais.
Te voilà entre nous
et tu as presqu'un an déjà,
Te voilà tout à
coup mais tu ne nous ressembles pas
Dans moins d'une année,
quand tu sauras parler,
Tu nous donneras le nom
que tu voudras.
Écoute bien petit,
toi qui bouscules notre vie,
Pour l'habiller d'un grand
bonheur à chaque pas,
Souviens-toi, dans la brume
de tous les jours,
Que tu es là, à
force d'un amour.
Tu es là maintenant,
sous le toit de notre maison,
Tu es là pour longtemps
et tu vas prendre notre nom
Nous ne voulons pas t'enfermer
dans nos bras,
Mais tu auras besoin de
nous donner la main.
Tu es là maintenant
et désormais nous serons trois,
Tu es là pour longtemps
avec le rire au bout des doigts,
Tous les goélands
de ton regard d'enfant
Feront éclater nos
plus belles idées.
Écoute bien petit... |