10
Jours Avant Paris
La chute de la veille
Me brûle des épaules
aux orteils
J’ai glissé tout
seul sur des bandes blanches à Marseille
Je ne suis qu’un pansement
pédalant
Derrière les autres
et grimaçant
Loin du peloton, loin au
classement.
Plus que 10 jours avant Paris
Encore 10 nuits et c’est
Les Champs.
Respirer me fait souffrir
S’alimenter vivre et courir
Fantôme vide et rincé
j’attends le pire.
Je n’ai gagné que
des douleurs
Au classement du meilleur
grimpeur
Je vais mourir avant 5 heures.
Plus que 10 jours avant Paris
Encore 10 nuits et c’est
Les Champs.
Il faut monter, garder la
cadence
Ressasser une vieille romance
qui fait toum-toum toum/tchac, toum-toum toum/tchac.
Il fait chaud puis il refait
froid,
On m’arrose, j’ai les jambes
en bois
Finir, bordel, dans le noir
d’un
tunnel.
Plus que 10 jours avant Paris
Encore 10 nuits et c’est
Les Champs.
Il pleut des cordes, j’ai
perdu mon imper,
Je vois Eddy Merckx et ma
mère.
Je pleure et pose un pied
à terre, puis deux.
Mon vélo pèse
1200 kilos,
Je perds mes moyens et mes
boyaux.
J’ai la voiture balai dans
le dos.
Cette année pas de
Paris
Et puis tant pis pour Les
Champs.
Un mec assis sous un parasol
Me file du sucre et me console.
Sa femme sourit, elle est
jolie.
Il me dit : « Remonte
! T’arrêtes pas là !.. »
Pas d’commissaires, pas
d’caméras.
Une longue poussette et
puis voilà.
Un p’tit effort et c’est
Paris
Encore 10 nuits et c’est
Les Champs.
Un p’tit effort et c’est
Paris
Encore 10 nuits et c’est
Les Champs.
Dans La Maison Sur Le
Port
Il y avait des chansons
des chansons
Les hommes venaient y boire
et rêver
dans la maison sur le port
où les filles riaient fort
Où le vin faisait
chanter, chanter, chanter
Les pêcheurs vous
le diront
Ils y venaient sans façon
avant de partir tirer leurs
filets
Ils venaient se réchauffer
près de nous
Dans la maison sur le port
Les volets se sont ouverts
et depuis
les rires des filles se
sont envolés
Sous un tube de néon
Un fonctionnaire à
lorgnon
est perdu dans ses papiers
vieux papiers
Que sont devenues les fleurs
et les lampes de couleurs
les cheveux de Maria, ses
bras nus
On dirait que tout est mort
et bien mort
dans la maison sur le port
Pourtant je suis revenu une
nuit
J'avais cru qu'on y chantait
comme avant
Mais les couples qui dansaient
n'était plus rien à présent
que les ombres du passé,
du passé
Vainement j'ai recherché
cette fille que j'aimais
qui savaient aussi chanter
et aimer
Je vous dis que tout est
mort et bien mort
dans la maison sur le port
Ce n'est pas sur mes 20 ans
que je pleure
Bien souvent avec les filles
j'ai pleuré
Mais on aurait pu laisser
nos chansons dormir en paix
nos amours et nos amours
à Maria.
Et aux filles de là-bas
allons voir pour oublier
un petit morne
Puisque notre cœur est mort
et bien mort
dans la maison sur le port
Puisque notre cœur est mort
et bien mort
dans la maison sur le port
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